Connaître l’origine d’un produit devrait être simple. Pourtant, pour un vêtement, un jouet ou un article de décoration, il faut souvent examiner l’étiquette sous tous les angles… et accepter de ne pas trouver la moindre indication fiable.
Cette situation interroge : pourquoi, alors que les consommateurs réclament plus de transparence, est-il encore si difficile d’accéder à une information aussi basique ?
Une absence d’obligation dans l’Union européenne : un choix historique
Si l’origine n’apparaît presque jamais sur les produits non alimentaires, c’est parce que l’Union européenne n’impose pas cette mention. Ce n’est pas un oubli : c’est un choix structurel du marché unique.
À l’époque de sa construction, certains États membres craignaient qu’un marquage obligatoire ne réintroduise des “frontières économiques” entre pays européens. La priorité était la fluidité commerciale, pas la transparence géographique.
Ce vide réglementaire produit un paysage totalement hétérogène : certaines marques jouent le jeu, d’autres restent volontairement silencieuses. Le consommateur, lui, navigue dans un brouillard informationnel persistant.
Les obligations sectorielles peinent à atteindre le consommateur
La France a pourtant commencé à agir avec la loi AGEC, qui impose à certaines catégories de produits, textiles notamment, de publier des informations environnementales, de traçabilité ou de composition.
Sur le papier, ces obligations constituent un progrès majeur. Dans la pratique, elles restent souvent difficilement exploitables pour le grand public.
Dans les rayons, on note le même paradoxe : l’information existe, mais elle est éparpillée, complexe, parfois enfouie dans une succession de pages web ou de documents techniques. En effet, pour les marques concernées (les plus grosses), l’information peut être visible sur le produit directement (très rarement dans les faits) ou de manière dématérialisée sur la fiche produit (plus souvent le cas).
Le consommateur motivé doit cliquer, fouiller, interpréter. Le consommateur pressé abandonne.
L’alimentaire, un secteur où les règles progressent plus vite
Le contraste avec l’alimentaire est frappant. Là, l’origine est strictement encadrée : viande, miel, huile d’olive, fruits et légumes, œufs… autant de produits pour lesquels le consommateur a droit à une information claire.
Et l’arrivée d’initiatives comme Origin’Info renforce encore cette dynamique : l’objectif est de rendre plus lisible l’origine de l’ingrédient principal dans les produits transformés.
Cette transparence accrue répond à une attente massive. Elle montre surtout qu’un cadre réglementaire clair peut réellement faire évoluer les pratiques.
Pourquoi si peu de progrès dans le non-alimentaire ?
La réponse est moins technique que culturelle.
L’opacité relative du non-alimentaire arrange encore beaucoup d’acteurs : des marques qui préfèrent éviter des débats sur le sourcing, des distributeurs qui privilégient la simplicité logistique, et parfois même des consommateurs qui ne souhaitent pas toujours affronter la réalité de la provenance d’un produit à bas prix.
Cette situation bloque l’évolution du marché. L’absence d’information entretient l’ambiguïté, et l’ambiguïté entretient l’inertie.
Better Things : une autre manière d’aborder la transparence
C’est précisément ce vide que Better Things veut combler.
L’objectif n’est pas d’imposer une nouvelle réglementation, mais de créer un accès simple et immédiat à l’origine des produits non alimentaires, chaque fois que cette information existe — et de collecter les données quand elle manque.
Better Things modernise cette recherche en reliant le code-barres d’un produit à une base d’informations évolutive, enrichie grâce à la participation de la communauté.
L’application permet également d’interpeller les marques de manière anonyme pour demander plus de transparence. Plus cette demande collective augmentera, plus les distributeurs et fabricants devront s’adapter. Notre initiative sur le francolavage en est une bonne illustration.
L’idée est simple : si la transparence n’est pas fournie spontanément, alors donnons aux citoyens les moyens de la construire eux-mêmes.
Il est temps d’accélérer
Le non-alimentaire ne peut pas rester éternellement dans cette zone grise.
L’origine d’un produit ne devrait pas être une enquête, ni un détail secondaire. C’est un élément essentiel pour consommer en conscience.
L’alimentaire démontre que des progrès sont possibles lorsque les règles, les outils et les attentes convergent.
Avec Better Things, nous voulons que le non-alimentaire suive enfin la même trajectoire.
La transparence n’a jamais été aussi nécessaire. Et elle n’a jamais été aussi accessible.
